dimanche 14 mai 2017

François Bayrou, professeur de danse

En 1900, quand Eugène Giraudet publie le deuxième tome de son Traité de la danse […] depuis le singe jusqu'à nous, il n'a pas été informé de la création d'un cours de danse à Toulouse, en 1894, par un jeune professeur de gymnastique.

in L'Express du Midi


François Bayrou est né en 1858 dans le petit village des Barthes, canton de Castelsarrasin, dans le Tarn et Garonne, fils de François, cultivateur et Jeanne Lasserre. Au moment de sa conscription il est cultivateur en Gironde, à Saint Pierre de Mons, près de Langon. Il est incorporé au 99e de ligne en 1879, il a le grade de sergent fourrier quand il est libéré en 1882.
Dès 1884 il est mentionné dans la presse comme professeur de gymnastique, 23 rue des Potiers à Toulouse. En 1885 il épouse Anne Marie Rey (tailleuse), née à Toulouse en 1863. En 1891 le couple est recensé au 66 rue de la Pomme, avec leur deux enfants, Jeanne et Georges, le chef de famille est professeur de danse.


in L'Art Méridional


François Bayrou ouvre un cours de danse au n° 4 de la petite rue St Rome en 1894. L'année suivante il publie sa première danse : La Moscovite, Moskvitchka, nouvelle danse russe, dédiée à sa Majesté l'Impératrice de Russie, sur une musique de Jean Darquier.
Les cours fonctionnent très bien puisqu'il doit les transférer dans une salle plus grande au 15 rue Lafayette en 1896, il y restera jusque vers 1925.



collection personnelle


En 1897, c'est la publication de L'Alliance, Nouvelle danse Franco-Russe, en hommage à leurs Altesses Impériales les Grandes Duchesses Olga et Tatiana, dont il offre un exemplaire à la Bibliothèque de sa ville. En août 1899, un deuil cruel frappe la famille Bayrou, Marcelle, la petite dernière, âgée de 4 ans, tombe à travers une verrière en voulant suivre son chat. En souvenir de leur petite "Mignon" François Bayrou compose une danse Mignon-Coquette qu'il publie en 1901.
Ensuite les manifestations s'enchaînent chaque année : bals pour enfants, bals travestis, etc. Entre temps François Bayrou obtient le poste de professseur de gymnastique et de danse au Lycée de Toulouse
En 1925, l'Amicale des Anciens Elèves organise un Bal travesti : Le Comité de l’A. des A. E. du professeur Bayrou, afin de prouver sa reconnaissance à ses fidèles habitués dont le nombre augmente sans cesse, a tenu à donner au bal du 21 mars un éclat particulier. Deux orchestres : l’un symphonqiue, l’autre moderne jazz, joueront sans interruption jusqu’à une heure avancée de la nuit. Le président d’Honneur, M. Bayrou, désirant ajouter à cette soirée moderne une charmante vision des danses d’autrefois, se propose de faire danser et de danser lui-même en compagnie de ses gracieuses anciennes élèves, en costume de l’époque, Le Menuet de la cour, la Gavotte Louis XV, la Pavane Henri III. Ces danses des 16e et 18e siècles seront présentées par M. R. Loubié, l’artiste dramatique bien connu. La Pavane, la Gavotte et plusieurs valses lentes seront chantées par la talentueuse mezzo-soprano Mme Cazenave-Campa (L'Express du Midi).
En 1926, c'est encore lui qui organise un bal de bienfaisance dans les salons du Grand Hôtel, pour le Club Universitaire Egyptien, mais en décembre 1927 on apprend son décès à Paris, 12 rue de l'Assomption chez sa fille Jeanne, professeur de gymnastique au Lycée Molière. Les funérailles ont lieu le 17 à l'église St Aubin de Toulouse.

Christian Declerck



source : Gallica



collection personnelle





samedi 4 mars 2017

Henri Audemars et Paul Van Hooland



La parution de l'article de Patrick et Marie Christine Bollier, Danses et frontière(s), dans les dernières Annales du Comité Flamand de France, me donne l'occasion de publier les informations sur ces deux professeurs de gymnastique, et créateurs de danses, en activité dans le Nord et le Pas de Calais au début du XXe siècle.



toutes les illustrations, collection personnelle


Henri Frédéric Audemars
Est né le 10 mars 1862,  à Le Brassus dans le canton de Vaud en Suisse. Sa famille est apparentée aux horlogers, dont la fameuse Société Audemars-Piguet, et à l'aviateur Edmond Audemars qui s'est illustré avant 1914 dans plusieurs concours aux débuts de l'aviation.
Le 1er juillet 1888, le journal La Gymnastique, annonce qu'Henri Audemars devient le directeur de la Société de Gymnastique à Arras, il était précédemment  le directeur de la Nationale de Dieppe.
Il épouse Elise Bury, née également en Suisse en 1863. Le couple aura cinq filles : Alice, secrétaire, née à Arras en 1889, † Draguignan en 1967 ; Julia, institutrice, née à Arras en 1891, † Draguignan en 1971 ; Esther, née à Arras en 1892 ; Jeanne née à Arras en 1894, décède à Draguignan en 1987 et Marguerite, professeur de gymnastique, née à Arras en 1897, † à Draguignan en 1981.
Jeanne épouse Raymond Leleu en 1920 ils ont deux enfants, dont Colette qui sera professeur d'éducation physique




 


Henri Audemars publie en 1895 la première édition d'un Recueil de Ballets et Tournois, comprenant une quinzaine de ballets, dont le Ballet des Faucheurs, musique composée par Gustave Sinclair, mentionné par P. Bollier dans son article.



Il y aura ensuite 4 rééditions (1903, 1910, 1921 et la 5e en 1926), toutes avec les 17 mêmes ballets, ce qui fait 20 publiés au total, car 3 danses de la première édition n'ont pas été reprises dans les suivantes.





Henri Audemars décède à Arras le 2 avril 1923, il était veuf depuis 1905. Son école de Gymnastique était située 10 rue de l'Abbé Halluin, le bâtiment existe toujours.

***




Sa fille cadette, Marguerite Audemars a également publié un Nouveau recueil, Danses et Ballets pour enfants et Jeunes Filles, en 1932, la seconde édition parait en 1947. Elle était professeur d'éducation physique au Collège de jeunes filles et à l'Ecole Normale d'Institutrices d'Arras, monitrice de l'Institut régional d'Education Physique de l'Université de Lille et membre diplômée de l'Union des professeurs de danse de France.

Paul David Van Hooland
Est né à Croix le 29 novembre 1898, fils de Jean Baptiste Vanhooland, mécanicien, né à Roubaix en 1860, et Rosalie Caucheteux, née à Lannoy en 1863. Son père représente l'association de gymnastique La Patriote de Croix, à un cours des moniteurs à Roubaix en 1888. Lors de sa conscription en 1908, Paul déclare la profession d'ajusteur-mécanicien. Il épouse  en 1913 à Roubaix, Gabrielle Derbaudringhien. On n'aurait rien connu de sa pratique de la gymnastique et de la danse s'il n'avait pas publié un recueil de 17 Ballets, Ballets-Pantomimes, Fééries et tournois inédits, en 1912 (il existe une seconde édition identique, non datée).




Mais la guerre va mettre un terme à son activité. Il est blessé à Mécrin (Meuse) en 1915, la jambe gauche est raccourcie de 6 cm. On le retrouve après la guerre à Paris, domicilié 202 boulevard Saint Germain, puis rue de Charonne, il est employé à la ville de Paris. Nommé 1er commis principal en 1934, il est remplacé en février 1939 après son décès que je n'ai pas encore retrouvé.

Christian Declerck

lundi 11 janvier 2016

Edouard KEVERS, compositeur, professeur de danse et de maintien



collection personnelle


Principalement connu pour être l'auteur de la danse L’Ostendaise, qu’il a composée vers 1860 pour les bals d’enfants du casino d’Ostende, Edouard Auguste Pierre KEVERS est né à Ostende le 7 mai 1810*, de Philippe Jacques, perruquier, et Thérèse Constance JACQUYMIS. Lors de son premier mariage, à Bruxelles en 1839 avec Anne ANDRIES, on apprend que le père d’Edouard est devenu maître de danse à Bruges. Un des frères d’Edouard, Philippe Jacques, dit aussi Philippe Bernard, est professeur de danse, comme nous l’indique son acte de mariage en 1834, à Bruges avec Sophie HALVOET.
A cette époque, le jeune Edouard est professeur de musique à Bruxelles, domicilié rue de la Putterie. En 1840 un annuaire le mentionne 28 rue de Laeken.




Emilie Pellapra, princesse de Chimay

En 1846 “M. Kevers, professeur de maintien et chef d’orchestre, qui a dirigé cet hiver un grand nombre des principales soirées de la capitale, avait dédié à Mme la princesse de Chimay plusieurs morceaux de sa composition, exécutés à la fête donnée dernièrement à l’Hôtel de Chimay. Mme la princesse lui a fait remettre une épingle de prix, à laquelle était joint un billet de sa main, des plus flatteurs pour l’artiste auquel il est adressé”.

Collection particulière


On voit que le musicien avait le sens de la publicité, comme le confirment les nombreuses cartes de visite, appelées carte porcelaine, que l’on peut encore trouver de nos jours, et qui ont certainement été distribuées massivement dans la capitale, avec une adresse, 5 rue des Paroissiens, que je n’ai pas encore réussi à dater, mais certainement antérieure à 1851, année de son arrivée au 8 de la rue du Parchemin, où il ouvrira la salle qui sera un lieu important de diffusion de la musique et de la danse à Bruxelles dans cette deuxième moitié du XIXe siècle.

En 1857, dans un entrefilet paru dans le Journal de Bruxelles, on connait mieux la valeur des cadeaux reçus par le musicien en récompense de ses services : Mme la princesse de Chimay vient d’envoyer à M. Kevers une magnifique épingle en rubis et diamant. Ce cadeau est un témoignage de satisfaction que Mme la princesse a accordé à l’habile professeur pour le talent avec lequel il a dirigé sa soirée musicale du 19 février. En 1859 c’est chez le comte de Liedekerke qu’il dirige l’orchestre de la soirée dansante. Edouard Kevers continue donc d’être au service des aristocrates belges, ce qui l’aidera certainement à devenir le directeur des bals du Casino d’Ostende.



collection personnelle





C’est dans le Journal de l'Imprimerie de 1864 que j'ai trouvé la première mention de la publication de l’Ostendaise, nouvelle danse dédiée aux enfants, d’abord éditée à compte d’auteur, à son adresse 8 rue du Parchemin, elle le sera ensuite par J. B. Katto, Galerie du Roi, 10, à Bruxelles, avec une version intitulée Ostendaise figurée. Mais ce musicien n’était pas, on l’a vu plus haut, à sa première composition. Il avait déjà fait éditer à Bruxelles en 1856 : Les Cloches de Noël, redowa, et Serain-Champs, polka-mazurka, chez MEERENS, ainsi que La Cloche de Mariakerke, polka-mazurka, chez J. B. KATTO en 1863. L’Ostendaise sera dansée tout au long du XIXe siècle et deviendra même un genre très prisé dans les salons belges et français. Je possède deux partitions inspirées du même sujet : La Flamande, de F. BOISSON, éditée à Paris chez Margueritat et L’Elégante Ostendaise, de L. DEMORTREUX, éditée chez Emile Benoit à Paris, il en existe sans doute d’autres, comme celle de Savin Balonchard.


collection personnelle

 Gallica

Eugène GIRAUDET, dans son Traité de la Danse, cite d'autres danses composées par E. Kevers et éditées chez Katto ou Schott : La Colonne-Mazurka, danse Espagnole, La Bruxelloise et l'Ostendaise Valsée.

La presse se fait écho des manifestations organisées dans la salle désormais appelée salle Kevers, par exemple, en 1880, la première séance de musique de chambre donnée par le quatuor du Conservatoire, expérience renouvelée en 1882 auquel s’ajoute les artistes M. et Mme Blauwaert-Staps et M. Jokish. En 1883 s’y produit un jeune pianiste prodige de 13 ans, M. Hubert Flohr, avec au même programme M. Agniez, baryton, et M. de Pettyko, violoniste que l’on retrouve la même année dans un autre concert avec la cantatrice italienne Mme Gaetanina Friggeri.
En mai 1891 le Journal de Bruxelles annonce le décès de M. Kevers Une physionomie très connue par tout Bruxelles, et on peut dire même dans toute la Belgique : il avait initié trois générations aux mystères de la danse noble […] Il n’avait pas tardé de venir s’établir à Bruxelles et il s’était installé, dès 1851, dans la maison de la rue du Parchemin où se trouve, accotée à un jardin minuscule, cette fameuse “salle Kevers”, abri successif des conférenciers, des musiciens, des réunions dansantes, politiques ou prédicantes [sic]. Karl Lustner nous précise, dans sa liste des musiciens morts en 1891, qu’Edouard Kevers est décédé le 15 mai.

De son second mariage, vers 1851, avec Anne NAGELS, nait un fils, Adolphe Edouard André, en 1853. Des amis chercheurs, Marie-Christine et Patrick Bollier, m’ont signalé la présence de M. et Mme Vandermeerschen-Kevers, directeurs des bals du Kursaal d’Ostende au début du XXe siècle. C'est la fille d’Edouard, Mélanie, née d'un "troisième lit". Lors du mariage, en 1873, le couple reconnait leur fille née en 1860, la mère, Marie GAUDEUS était alors la servante du professeur de danse. En 1878 Mélanie KEVERS anime avec son père, un bal pour enfant au Kursaal d'Ostende. En 1891, avec son mari, Gustave VANDERMEERSCHEN, ils reprendront la succession de M. DURIEZ, le professeur de danse du Casino et du Kursaal.
La Revue et Gazette Musicale de Paris nous signale qu'une demoiselle Kevers, dont on ignore le prénom, jeune et jolie personne, qui a de l'intelligence et un sentiment fin et délicat a obenu un second [prix de chant] au Conservatoire de Bruxelles en 1844 et un premier prix en 1845. La recherche continue.



Christian Declerck

* et non le 18 mai 1809 comme l'a repris Flavie Roquet dans le Lexicon Vlaamse componisten geboren na 1800, publié en 2007.

Sources principales : état civil d’Ostende, Bruges et Bruxelles ; les journaux: la Saison d'Ostende, l'Echo d'Ostende et le Journal de Bruxelles





jeudi 19 novembre 2015

François PAUL, maître de danse

mise à jour du 19/11/2015


 

Le ballet les Robinsonnes a été représenté à Nancy en mai 1870 (La Comédie, n°383)
collection personnelle

A la lecture de son nom mentionné sur cette partition Les Robinsonnes, éditée à Lille chez Boldoduc, lithographe, vers 1860/70, j’avais supposé qu’il devait être le professeur de danse, compositeur et chorégraphe, de Baby Polka, Barn Dance (pas de quatre), la Berline Parisienne, la Gigue anglaise croisée et du Polo Américain. Ma découverte récente de son acte de décès le confirme.
François Antoine Fortuné PAUL est né à Aix en Provence le 8 mai 1834 de François Marius, ouvrier boulanger et Fortunée Radegonde DÉSIRÉ. En 1863, à Rouen, il épouse Barbe Jeanne STEENEBRUGEN, artiste chorégraphique, née à Liège en 1843, fille de Lambert (conducteur de diligence) et Marie Anne Louise CAUTAERTS. François PAUL décède à Paris le 1er janvier 1894 à son domicile 14 rue du Faubourg Saint-Honoré. Le décès est déclaré par son gendre Arthur Dieudonné GUIDÉ (musicien), né à Liège en 1854, et la profession indiquée est maître de danse.
Le compositeur, J. Steenebrugen, mentionné sur Les Robinsonnes, est son beau-frère, Joseph Michel STEENEBRUGEN (1838-1903) chef de musique à Bruxelles.
Arthur Dieudonné GUIDÉ est le violoniste, membre de la Société de Musique de Chambre de Paris en 1893, frère de Guillaume Léonard, né à Liège en 1859, professeur de hautbois au Conservatoire de Bruxelles.

Sources en ligne : état civil d'Aix en Provence, Liège, Paris, Rouen et Gallica, Musicsack
Sources complémentaires : Le Moniteur Belge (1866) ; L'Ecole Belge du violon, Bernard Huys, 197 ; Eugène Ysaÿe et la musique de chambre, Michel Stockhelm, 1990


Le Polo Américain

 
collection personnelle
autre musique

Présentation par François PAUL : En 1877, au Casino de Dieppe, j’eus l’honneur de présenter un nouveau quadrille, intitulé Le Polo. La haute société s’en empara aussitôt et en fit promptement un succès, dès l’hiver suivant, le Polo était à la mode dans tous les salons. Depuis cette époque, j’apportai à ce quadrille plusieurs améliorations qui ne tardèrent pas à être adoptées. Mais la 1ère édition propageant toujours la version primitive, il en résulta de nombreuses hésitations. C’est dans le but d’obvier à cet inconvénient que je présente au public cette nouvelle édition, laquelle, annulant toute théorie antérieure, indique la véritable et seule manière doit être maintenant dansé ce quadrille, sous le titre définitif de Polo Américain, avec la musique de L. C. Desormes. Je dois ajouter que cette musique nouvelle, spécialement écrite par le jeune chef d’orchestre, donne à la danse un attrait de plus.

Christian Declerck



Mise à jour du 19/11/2015 : il y a quelques temps un lecteur, anonyme hélas, me demandait des informations complémentaires sur un quadrille intitulé Le Triangle. Il y a quelques jours un ami collectionneur a lu cette demande et m'a fait parvenir les pages extraites d'une publication peu connue de François PAUL, Le Cotillon et quadrilles actuels, traité théorique et pratique, par F. PAUL, ex-premier danseur, maître de ballet, édité à Paris, chez E. Gérard et Cie en 1877. Ci dessous la page de présentation du Triangle, la suite sur le site An American Ballroom.



Collection particulière


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d'autres références sur data.bnf.fr



 Le Polo Américain, 1888


 réalisé par la Compagnie Révérences



Autres compositions de François PAUL
extraites de ma collection


Barn Dance, pas de quatre,
célèbre danse américaine très en vogue en Angleterre,
importée et mise à la mode par François PAUL,
organisateur des bals du Casino de Dieppe

 
collection personnelle


Baby polka

 
collection personnelle


 La Berline Parisienne, nouvelle polka américaine

 
collection personnelle


Gigue Anglaise Croisée (Sir Roger de Coverley)

 
collection personnelle


catalogue des œuvres de François PAUL

 
collection personnelle







samedi 11 juillet 2015

Jean LAGÜES, alias J. LAGUS, professeur de danse



Jean LAGÜES, dit Jean LAGUS, est né le 13 août 1850 dans les Hautes-Pyrénées à Saint-Pé-de-Bigorre, près de Lourdes, fils de Pierre, cultivateur, et Marie LUCIAT. Sa sœur Thérèse, née en 1846 à Poueyferré (65) , épouse à Paris en 1877, Alfred BAILLY, maître d'hôtel bourgeois. C'est peut-être au cours d'une visite à sa sœur qu'il rencontre sa future épouse Joséphine BANCON, une Parisienne née en 1856, fille de Guillaume, tailleur d'habits et Adeline BLONDEAUX, concierge. Le couple se marie à Paris en 1881, le marié, professeur de musique, est domicilié à Pau. Leur fille Adeline Marie Léonie naît le 27 août de l'année suivante.




Adeline suit les cours de Jean HUGOUNENC, professeur d'harmonie au Conservatoire de Toulouse. Admise au Conservatoire de Paris, elle obtient un diplôme en 1901 et enseigne le piano à Pau, 24 rue de Castelnau, au domicile de son père. Elle épouse à Pau, en 1940, Félix CAZENAVE et décède en 1957 également à Pau.


Un article paru en 2009 dans la revue du Malandain Ballet de Biarritz, nous précise que Jean Lagus dirigeait un cours de danse et de maintien à Pau, il enseignait aussi la danse aux lycéens de Pau et de Bayonne et dirigeait les bals d'enfants du Casino de Royan, du Palais d'Hiver de Pau et du Casino Bellevue de Biarritz. C'est pour ces bals qu'il a créé plusieurs danses de salon : Biarritz, musique de Charles Marie CONSTANTIN, Biarritz, pas de quatre, sur une musique de Paul CHABEAUX, Baby-Biarritz, polka pour enfants, musique de Jules GRADWOHL, Le Régent, menuet à danser, sur une musique de Paul CHABEAUX, éditée chez Rosoor-Delattre à Tourcoing,  une Pavane-ValseLa Véritable Berline, dont l'Illustration publie en 1896, la théorie et la musique de Lucien BERY, et enfin Biarritz-Racket, mélangeant les pas de rédowa et de polka. Gallica nous signale également la publication d'une danse intitulée Not-Tik Waltz, sur la musique de E. ANTREAS, publiée en 1909.

Il décède à Pau, le 24 avril 1925, 25 rue Emile Guichenné.

Christian Declerck

Sources : états civils de Pau et Paris 7e, et Gallica




Biarritz : pas de quatre : [piano] : op. 51 / musique de Paul Chabeaux ; théorie de J. Lagus,... ; [ill. par] L. Denis


Biarritz-racket : polka nouvelle : [pour piano] / musique de Paul Chabeaux ; théorie de J. Lagus



La véritable berline : nouvelle danse américaine / musique de Lucien Béry ; théorie de J. Lagus,... ; [ill. par] E. Denis



Not-tik=waltz : nouvelle danse de salon : op. 58 : [pour le piano] / par E. Antréas ; [couv. ill. par] H. Larramet ; avec théorie de J. Lagus


dimanche 7 avril 2013

Henri Cellarius, éléments biographiques



collection personnelle



Henri Chrétien CELLARIUS est né à Paris le 12 mai 1805, fils de Chrétien Henri et Aimée Marie Anne HUGOT. Il est danseur soliste au théâtre de Rio Janeiro* quand il y épouse le 2 octobre 1826 Hélène Marguerite MAJINOT, dite Héloïse MAGINOT, très jeune danseuse née vers 1812 à Paris, qui l'année précédente était première danseuse au Théâtre de la Gaité à Paris. Elle décède en 1848 à Meudon, son époux étant “absent depuis longtemps”. Henri se remarie en 1865 avec Marie Albertine DUPAS, professeur de danse, née à Jallieu (Isère) le 2 octobre 1836. Il est domicilié 47 rue Vivienne, à côté de sa salle de danse située au 49, c’est là qu’il décède le 19 mai 1876. Sa sœur, Louise Aimée, dite Clara, également professeur de danse au 55 de la rue Vivienne, est née le 11 février 1812 à Paris et décédée à Saint Maurice (Val de Marne) le 26 mars 1869. Elle a un fils naturel, aussi professeur de danse, Henry Alexandre CELLARIUS, dit “le neveu”, né le 10 mai 1839 à Paris 3e. Le 15 décembre 1866 il épouse Marie Alexandrine DUBREUIL, née à Saint Hélier, dans l’île de Jersey, le 9 décembre 1841. Il décède à Paris le 1er février 1902 au 25 faubourg Poissonnière.

Christian Declerck

* merci à Fernando Santos Berçot qui m'a signalé cet épisode de la vie de H. Cellarius. Plus de détails sur le séjour brésilien du couple Cellarius dans son mémoire de maîtrise "As funções do palco: Ópera, ballet e crítica de espetáculos no Rio de Janeiro do Primeiro Reinado" soutenu en mai 2013 à l'Universidade Federal do Rio de Janeiro.





Henri Cellarius
source





L’origine du cours de valse de Cellarius

  Les Petits mystères de l





La danse des salons

   



la fin du cours Cellarius 


Paris amoureux, par Mané

samedi 7 avril 2012

Gustave DESRAT, éléments biographiques

mise à jour février 2016 :

Gustave Alexandre DESRAT est né à Paris le 7 septembre 1831. Il est le fils de Georges Gabriel, professeur de danses, et Henriette Virginie CLAIRET, domiciliés 10 rue Saint-Guillaume, dans le 7e arrondissement de Paris, d'après le Bottin de 1842.
Le 13 juin 1857 il épouse Adélaïde Louise Christine Éverardine MAYER à la mairie du 10e arrondissement. Leur fille, Gabrielle Louise Henriette, est née le 11 octobre 1858 au domicile de ses parents, 40 rue des Saints-Pères, dans le 7e arrondissement, adresse qui est toujours celle du vieux professeur en 1909. Le 16 juillet 1881 à Paris, Gabrielle DESRAT épouse Georges Antoine CHARASSÉ, directeur du manège du théâtre du Châtelet, né à Thiers en 1848 il est le fils de Louis Alexandre, professeur d'équitation.

En 1905 Gustave DESRAT vitupère toujours les nouvelles danses à la mode :
"Le cake-walk est détrôné... Voici venir le règne de la mattchiche,
— Qu'est-ce que cela ? direz-vous
C'est un autre genre de danse et une autre abomination. Cela fait fureur. C'est étrange, incohérent. Et c'est contagieux aussi :

C'est la danse nouvelle, — mademoiselle ;
Ainsi qu'une Espagnole — vibrante et folle,
Il faut cambrer la taille — d'un air canaille.
Cett' danse qui nous aguiche, C'est la mattchiche !

La danse de Saint-Guy était une mattchiche qui s'ignorait. L'obsession gagne de proche en proche...
Mais les vieux maîtres de notre danse française en demeurent confondus. Un de nos confrères de l'Éclair a eu occasion d'en causer, ces jours derniers, avec leur doyen, président d'honneur de l'Académie de danse, Desrat, fils de Desrat. Et il a trouvé un homme profondément affligé. Le cake-walk l'avait atteint dans sa fierté professionnelle, la mattchiche l'achève.
— Est-ce que la danse se mourrait, décidément ? lui demanda notre confrère.
— La danse ne meurt pas ; plût au ciel qu'elle mourût ; c'est pis, monsieur, répliqua-t-il, elle s'encanaille ! J'assiste, impuissant, chaque jour, à l'envahissement des mœurs délabrées de l'exotisme. Ces mœurs, les étrangers les répudient chez eux et se trouvent fort à l'aise de pouvoir les pratiquer chez nous. En toute connaissance de cause, je puis affirmer qu'au delà des mers, la haute société continue à s'adonner ardemment à notre poétique valse française et délaisse dédaigneusement le fastidieux boston. J'ai pu, jusqu'au dernier moment, avoir confiance en un revirement complet et salutaire ; mais je reste, malheureusement, déçu. Après l'indolent, le ramolli boston qui a porté à notre poétique valse un coup mortel, — ce boston, la danse des fatigués, des énervés de ce monde, — est venu le hideux cake-walk, convertissant nos jolies et pimpantes danseuses en grotesques Hindoues. La mesure n'était pas comblée ; voici la mattchiche ! Passe encore le cake-walk pour ceux qui ignorent le respect, de soi-même ; mais la mattchiche ! Non ! Jamais un professeur ne voudra se compromettre en l'enseignant. Que cette danse chaloupée reste dans les restaurants de nuit et sur les hauteurs de Montmartre. Qu'elle disparaisse honteusement là où elle est née.
« Halte là ! » lui crieront tous les professeurs vraiment dignes de ce nom ; et les barrières seront tenues solidement fermées par l'Académie des professeurs de France."


La revue termine en offrant une partition de La Mattchiche, avec cette mise en garde ironique :
"En attendant, puisque tout le monde parle de cette nouvelle danse, vous pourrez, au moins, en avoir un aperçu, grâce au motif principal et aux « figures» que nous publions dans notre Supplément. Mais fasse le ciel que cela ne vous donne pas envie de l'apprendre !..."

Annales Politiques et Littéraires 26/11/1905



Sources : Gallica et Archives de Paris en ligne